CARTE BLANCHE - ARCHITECTURE

« Chaque boutique A.P.C. est pensée comme une pièce unique. Ce qui nous guide, ce n’est pas un concept plaqué mais la singularité du lieu, sa volumétrie, sa lumière, ses aspérités. On regarde les murs, les hauteurs, les circulations existantes. On peut partir d’une texture aperçue dans un coin à Chelsea, ou d’un détail urbain à l’autre bout d’une ville au Japon. L’idée, c’est d’ouvrir un dialogue, pas d’imposer une langue.
Le point commun à tous ces projets, c’est une certaine rigueur, une simplicité revendiquée. Une palette réduite de matériaux, choisis pour leur justesse plus que pour leur effet. Du contreplaqué d’okoumé, du feutre industriel, de l’aluminium plié, parfois une brique vernissée… Des matières brutes, souvent détournées, toujours anoblies par le soin du détail. On essaie de faire beaucoup avec peu.
Le parcours dans la boutique est pensé comme un scénario : la main sur la poignée, le premier regard, le pas qui hésite ou se décide. On évite les impasses, on cherche des respirations, des moments de repli, une forme d’intimité, sans jamais forcer les choses. L’espace doit accompagner le mouvement, pas le contraindre.
Avec le temps, notre écriture s’est affinée. On continue à dessiner des projets sur mesure, mais on a aussi développé une grammaire modulaire, adaptable à différents formats, différentes villes. C’est le système MISTRAL : cinq types de modules — collection, accessoires, cabines, caisse… — qu’on assemble différemment selon le lieu. Le principe reste le même : chaque boutique doit être singulière, même quand elle parle le même langage.
C’est notre manière à nous d’accompagner A.P.C. dans sa croissance, sans perdre de vue l’essentiel : faire moins avec moins. »
- Laurent Deroo Architecte pour A.P.C.











